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J'aurais voulu être William Burroughs, Lou Reed, Léo Ferré ou quiconque un tant soit peu estimable, mais toute ressemblance avec des idéaux, des pensées ou une personnalitée dividuelle - fut-elle individuelle et réelle - serait purement forfuite.
Nétocratie, me voilà.

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Le mariage homosexuel: paradoxes et perspectives du lobby homosexuel et de la notion d’égalité à l’heure de la société cybernétique

Le message qui suit est une réponse que j’ai formulé dans un débat sur le mariage homosexuel. Les deux interventions précédentes montraient à la fois l’hypocrisie de l’affirmation d’une “homosexualité universelle et inhérente à l’homme”, à travers l’exemple de l’antiquité (et notamment le fait que dans  la société grèque, la pédérastie était encouragée, et non l’homosexualité, particulièrement en position de passif) et les paradoxes de la notion d’égalité, entre irréalité au mieux utopique et nécessité pour le progrès social. Je pense que ma réponse donne ma vision, détaillée, des concepts d’homosexualité, et d’identité. 

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Pour rebondir sur la vision de l’homosexualité exclusive dans l’antiquité, la situation n’est-elle pas comparable aujourd’hui? En effet, dans l’interdiction passée de l’homosexualité, dans l’aversion, ce n’est pas l’amour ou les préliminaires qui sont condamnés, mais :’acte en lui même et plus particulièrement la position de passif, vécue comme une aliénation du caractère “homme”. Le fait que certaines religions prohibent l’homosexualité vient en partie de là (il n’est même pas rare dans certaines cultures que l’homosexualité ne soit condamnée que si un homme devient passif. Etre actif n’étant pas considéré comme un problème). Dès lors, les problèmes rencontrés dans “l’égalité” entre homosexuels et hétérosexuels relèvent plus du fait que l’homosexualité invite à réfléchir sur les modèles familiaux et patriarcales de la société: place et rôle de l’homme, qui ne peut être passif mais doit être dominant. A titre d’exemple, la vision de l’homosexualité dans le cinéma est assez révélatrice: entre adolescent en crise d’identité, qui ne sait plus s’il est homme ou femme et folle désespérée transgenre. Il y a quand même très peu de films grand publiques qui invitent )à une vision “réelle” de l’homosexualité (faut dire que “être homo c’est comme être hétéro”, c’est moins vendeur et peu télégénique dans un scénario). Quand on regarde même, et je le dis par expérience, les réactions de personnes doutant de leur sexualité, le premier réflexe est d’affirmer: “moi coucher avec un homme ne me dérange pas, mais je fais l’homme”, justement. 

Je tiens à affirmer que je ne condamne pas les transgenres, transexuels, personnes efféminés, etc. Au contraire, je suis pour une redéfinition du concept d’identité et notamment d’identité sexuée et / ou de genre. J’affirme cependant que l’homosexualité est vécue selon un point de vue déformé. 

Outre le fait que l’homosexualité invite à remettre en cause les modèles sexués et surtout e genre sur lesquels sont batis la société, je pense qu’un problème reste le rôle des médias. En effet, ils jouent un rôle de double socialisation: à l’égard des personnes non homosexuels en présentant, ce qui semble tout à fait normal, des personnes fortement typé (ça a toujours été et n’est pas spécifique à l’homosexualité: il suffit de voire la façon dont sont traités toutes les minorités. C’est certainement - soyons optimiste - un problème de visibilité et de facilité) mais surtout l’image que les médias renvoient aux homosexuels eux mêmes: importance des saunas, du shopping, etc. Il me paraît certain qu’un jeune homme doutant sur sa sexualité va avoir tendance, pour se sentir “normal” et “intégré dans son rôle”, à adopter les caractéristiques retransmis par les médias, à les assimiler, alors qu’elles sont précisément la marge du phénomène. C’est tout le problème soulevé notamment par Bard (Netocratie): la dichotomie entre les consommateurs et les producteurs d’identités, ou plutôt de dividualité ressentis comme des identités. 

Plus globalement, l’égalité n’est pas un concept qui me séduit et je ne reviendrait pas sur la remarque de Chapifou, à laquelle j’adhère totalement. Je pense que la solution deviendrait d’avantage la levée d’une hypocrisie: celle des identités et de la moralité. La thèse que j’affirme est contestable et contesté, mais je pense sincèrement que “l’identité homosexuelle” - tout comme “l’identité religieuse ou nationale” n’ont pas lieu d’être dans le cadre individuel. Se réduire à un comportement sexué est problématique. Pour moi, il faudrait donc passer par une redéfinition de l’individu, non plus comme obéissant à une identité, mais comme soumis à des dividualités, en conflit interne. Dès lors, personne n’est “homosexuel”. Nous sommes tous le produit de facteurs multiples en conflit. Affirmer son homosexualité me gène, et c’est d’avantage pour moi un acte politique, que je pratique, qu’une réalité. La façon d’étiqueter les comportement, quasi sociologique et constructiviste, selon des caractéristiques et des comportements contestables, ne peut entraîner que imitation du modèle et rejet. D’aitre part, sans prôner une bisexualité initiale à laquelle je ne crois qu’à moitié, il peut être bon de rappeler qu’au delà de l’attirance pour un homme et une femme, il y a avant tout un désir et que, par conséquent, la sexualité n’est pas quelque chose de fixe; A ce titre, je trouve particulièrement intéressante la vision de christophe honoré dans les chansons d’amour (développée dans les bonus, et la conférence de presse à Cannes). Son personnage a été marié pendant 8 ans à une femme, qui meurt. pour faire très vite, trois semaines après, il se retrouve avec un homme (sans que cela soit facile pour lui, nous ne sommes pas dans le cadre de la bisexualité). Honoré explique qu’avant tout il y a le désir. Ses personnages vivent dans un cadre novateur: celui défini par Duras : “la moralité n’est pas ne pas avoir de morale, c’est douter de la morale des autres”. Dès lors, les concepts fondamentaux et initiaux d’identité sexuelles et de fantasmes même apparaissent bancaux. Je gage que cela se passe dans la vie ainsi pour un grand nombre de personne. 

Si je suis partisan du mariage homosexuel, ce n’est donc pas pour une quelconque égalité, même si ce terme paraît tendant au premier abord, je ne le nie pas. C’est simplement parce que cela est une occasion de démonter les identités sexuées, et qu’il s’agit pour moi de la seule façon d’arriver à la disparition d’une dichotomie entre hétéro / homo. Le paradoxe est que cela passe précisément par l’affirmation de la dite identité. C’est pour cela que j’affirmais que l’identité est avant tout politique: on s’affirme par rapport aux autres, et non pour soi même. C’est un facteur d’inclusion / rejection / projection du et sur le monde qui entoure. Se dire homosexuel, c’est déjà un acte politique de positionnement. Par contre, il est nécessaire d’affirmer “je suis homosexuel” dans le cadre d’une lutte, précisément. Je vois mal un lobby pro mariage homosexuel dire “l’homosexualité? Je m’en fiche, je suis un être aux facettes multiples”, alors qu’il s’agit fondamentalement de la vérité: “je suis homosexuel” sur le plan individuel ne signifie absolument rien. Pour moi, les seuls à avoir saisi aujourd’hui la force des identités comme affirmation politique et non comme réalité reste, paradoxalement, Act Up. Il est clair, et Didier Lestrade l’explique très bien dans Act Up: une histoire, que toutes les actions de cette association reposent sur le principe de “je suis différent, donc je lutte et je me sers de l’affirmation d’une dividualité devenue identité collective comme outils politique pour créer un émotion, un rejet et arriver mes fins”. Affirmer une identité, c’est avant tout un acte militant dans lequel un dividu se déclare réduit à une dividualité dans l’espoir de mieux affirmer une conviction. Et accessoirement le seul moyen de faire primer l’action sur la personne. Exemple: Je suis homosexuel.

Dans la vie quotidienne, les rôles imprègnent l’individu, ils le tiennent éloigné de ce qu’il est et de ce qu’il veut être authentiquement; ils sont l’aliénation incrustée dans le vécu. Là, les jeux sont faits, c’est pourquoi ils ont cessé d’être des jeux. Les stéréotypes dictent à chacun en particulier, on pourrait presque dire “intimement”, ce que les idéologies imposent collectivement.— Raoul Vaneigem - Traité de savoir-vivre à l’usage des jeunes générations (XIV-2 l’organisation de l’apparence, p165)

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