Mon quart de siècle. RSS

J'aurais voulu être William Burroughs, Lou Reed, Léo Ferré ou quiconque un tant soit peu estimable, mais toute ressemblance avec des idéaux, des pensées ou une personnalitée dividuelle - fut-elle individuelle et réelle - serait purement forfuite.
Nétocratie, me voilà.

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Quart de siècle (2.0)

J’ai vécu un quart de siècle.
J’ai connu la faim, la haine, la misère, en direct ou en différé. Je suis blindé, mon coeur est scellé. Frigide, seule la voix du maître me fait désormais bander. J’ai été élevé aux hormones pornovisuelles. J’ai vécu un quart de siècle et je suis désormais moi aussi Dieu: l’écran neurophile, autant d’images, dénudées de sens. Un tube cathodique en guise de cerveau. J’ai désormais un quart de siècle. 25 années de rêves,d’espoir à me contempler dans Dieu. La voix du maître juge pour moi. Mon cerveau est bien trop occupé à contempler la danse des couleurs, leur acte d’amour envers ma stupidité. En manque de rébellion, Dieu charitable solde son stock infini de peur et d’horreur. Je suis télévicieux, j’aime ces reportages chocs. Nous sommes tous des ménagères de 40 ans.

J’avais un dixième de siècle, je ne vivais pas, puisque Dieu n’était pas présent. Décalé, marginal, libre, je n’étais pas l’esclave, mais le maître.

J’ai vécu un quart de siècle. J’ai vécu tout court. Désormais, d’autres s’occupent de ma vie,et c’est mieux ainsi. Eux jugent, pensent. Eux sont intelligents. Je n’ai plus qu’à me repaitre devant l’écran catholique. Eteint, c’est un trou noir béant, aspirant toutes mes particules télémentaires. Allumé. J’aime Dieu. Il est, a été et sera. C’est à dire mon plaisir orgasmique visuel. C’est une véritable adduction. Je ne peux plus vivre sans lui.

Dieu, soit charitable avec moi, laisse moi te regarder jusqu’à en crever. Te prier, que mon corps devienne le tien, mon esprit le leur, pour longtemps. J’aurai un siècle, je serai heureux.

19.9.06 19:44
 

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