30th
“Sida is disco, indeed”
Journée mondiale de lutte contre le sida.
1e décembre.
On se croirait dans une fête géante. Des gosses se tiennent la main, d’autres rient. Nous sommes tous solidaires. Et youpie, que valse la bonne conscience. A gauche, certains distribuent des préservatifs, pendant que d’autres s’indignent faussement « mais le sida existe toujours, il faut faire quelque chose ! » et se dédouanent en mettant quelques pièces cuivrées dans une boite vide.
Il faut faire quelque chose! De la bonne volonté, du gloss et des paillettes. La maladie devient présentable. Le sida? c’est grave, oui, il faut se tenir la main. Nous sommes tous solidaires, à condition que cela ne me prenne qu’une heure de temps de cerveau disponible par an. Exit les 6000 personnes qui meurent par jour. Exit les problèmes de financement. Exit les drogués, les pédés – ces sales sodomites, exit les prostitués, exit les Noirs, Asiatiques, les Pauvres, et ceux qui crèvent en France entre deux vomissements. Exit les « non présentables », non « télévisables ».
Mais c’est bien connu, le sida n’est pas une maladie politique. Non, le biopouvoir n’existe pas, après tout, Foucault était con et pédé et il avait tord, surtout que cela profite à l’Etat. Dansons, valsons, demain, ce ne sera que 6500 morts de plus. Et personne ne l’aura souligné. Après demain, nous n’aurons à nos frontières qu’un cimetière de 30 206 704 km carré, pour reprendre les mots d’Act Up. Oui, « sida is disco, indeed ». (et oui, je suis d’accord avec Bergé sur le téléthon…. Frappez moi, je suis un gaucho malsain sans coeur qui veut la mort de petits blancs français atteint de maladies respectables, qui servent principalement à financer un parc immobilier.)
Demain, je ne ferai pas la fête, je n’irai pas Place des Terreaux. Demain, je vivrais. Je crierais. Je résisterai. J’agirai.
Bien à vous,
A.
ps: le dossier presse d’Act Up est assez intéressant. je vous le conseille.